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vendredi 23 juin 2017

Manhattan people // Christopher Bollen

Présentation :

Joseph Guiteau, 33 ans, a quitté le Midwest à 18 ans pour se lancer dans une carrière d'acteur à Manhattan. Pourtant, il n'a jamais percé et une sombre malédiction semble planer au-dessus des hommes de sa famille qui meurent tous à 34 ans. Sa petite amie insiste pour se marier et obtenir une autorisation de résider aux Etats-Unis.
Mon avis :
Une fresque New-Yorkaise qui reflète bien mieux la réalité du rêve américain que bon nombre de soap-opera de mauvais goût. Et pour cause, son auteur Christopher Bollen, qui a réussi a se hisser au poste de rédacteur en chef du magazine Interview, connaît bien les turbulences de cette ville affamée, entre illusions et opportunités.
Le roman se développe autour de Joseph, trentenaire à la prestance naturelle, acteur de spots publicitaires convoitant le monde très select du cinéma.
Fraichement marié à Del, moins par amour que pour sauver la belle grecque aux prises avec les services de l'immigration, Joseph regarde avec distance, impassible,  ce qu'est devenu le rêve qu'il nourrissait en quittant le Midwest à 18 ans.
Elevé dans une culture conspirationniste qu'il a choisi de fuir, il n'est finalement pas dépaysé dans une Amérique post-attentats du 11 septembre et semble même attirer à lui toute sorte de personnages étranges persuadés de détenir des informations capitales concernant le gouvernement.
Coincé entre son meilleur ami William, acteur sans contrat, une ébauche de projet secret de long métrage engagé impliquant les lobbyistes de l'électricité américaine, et sa volonté de préserver Del de son infortune, Joseph tente d'échapper à une certaine malédiction familiale dont il ressent déjà les premiers symptômes.
Manhattan people ce n'est pas une histoire mais des histoires qui s'entremêlent et s'éloignent, c'est un roman qui nous emporte dans le tourbillon New-Yorkais, au travers des errances, des réussites et des échecs des protagonistes dans leur quête de succès.

Christopher Bollen livre ici une fresque sociale âpre qui traite essentiellement de l'immigration, du combo espoir/désillusion qu'elle draine pour chacun de ceux qui embrassent cette destinée, de l'homosexualité d'hier et d'aujourd'hui, de la peur de l'autre mais surtout de la peur de soi.
Un melting-pot  qui avait tout et qui n'a pourtant pas su me convaincre, le trop peu d'émotion m'a tenu en dehors des personnages. Cette écriture factuelle, qui semble malgré tout être le bon choix pour aborder la vie bouillonnante de Manhattan tient finalement le lecteur à distance, peut-être trop.

Ma préférence n'est plus à affirmer, l'écriture à la française a mon affinité, Manhattan people plaira davantage aux mordus de littérature américaine. A mi-chemin entre City on fire de Garth Risk Hallberg et la Trilogie New-Yorkaise de Paul Auster, ce roman reste un tableau étonnant de l'insaisissable ville de New-York et de ses habitants singuliers.

Merci à Babelio et aux éditions Le cercle Points  pour leur confiance et pour la découverte, la rencontre, cette fois, n'a pas été un rendez-vous gagnant, mais c'est en essayant qu'on y parvient.



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