Recherche sur ce blog

dimanche 1 janvier 2017

Amélia // Kimberly McCreight

Présentation :
Kate élève seule sa fille de 15 ans, Amelia. Malgré un travail prenant, elle se croit proche de cette adolescente mature et épanouie, jusqu'au jour où cette dernière saute du toit de son école. Bouleversée, Kate reçoit un SMS anonyme insinuant qu'il ne s'agirait pas d'un suicide. La vérité se trouve peut-être sur les réseaux sociaux, dans les textos ou les mails de la disparue.
Mon avis :
Voici un premier roman particulièrement addictif. Il y a peu de répit, peu de temps mort pour le lecteur.
Reprenons brièvement les faits ...
Kate est devenue la maman d'Amélia très jeune, cet accident est devenu son plus grand bonheur. Le père ? Inconnu ... Un énigmatique grand voyageur rencontré dans un bar un soir, avant le départ vers un ailleurs aussi lointain qu'improbable pour Kate. Depuis sa vie tourne autour de son bébé , devenu une petite fille remarquable, puis une adolescente autonome et brillante. La vie de Kate n'est pas parfaite mais elle est heureuse dans son travail et fière de son joyaux de fille.
Amélia n'a pas la même vision des choses. Amélia est très mal dans sa peau. Elle cherche sa place partout sans la trouver. Elle sait que sa mère ment. Que son père n'est pas ce voyageur rencontré dans un bar. Elle fait un mauvais choix puis se tait. Enchaine d'autres mauvais choix jusqu'au matin où sa mère est appelé par le lycée.
Amélia a sauté du toit.
Voilà le condensé des premières pages du livre. Autant dire que Kimberly Mccreight ne ménage pas son lectorat.
L'histoire du livre se construit dès cet instant. Au moment où Kate comprend qu'elle a perdu sa fille. Que sa fille s'est suicidée. Que son unique raison de vivre est morte, pour toujours. Nous suivons cette femme dans son impensable deuil, dans son refus de retourner à la vie. Dans son impossibilité a respirer l'air d'un monde où sa fille ne vit plus.
Kate, jeune maman pétillante , juriste accomplie devient  une ombre. Rien ne semble pouvoir la tirer de sa torpeur.
Rien, sauf ce message anonyme reçu un matin : "Amélia n'a pas sauté".
Un message qui lui fait aussi mal qu'il la soulage. Non sa fille n'a pas sauté.  Amélia si forte, si brillante, si intelligente si combative n'aurait jamais pu sauter. Au fond d'elle, elle le savait. Mais alors ? Sa fille aurait-elle été assassinée ? Quelqu'un aurait-il enlevé la vie de sa précieuse petite fille ?
Kate devient alors une mère qui cherche, une mère qui trouve. Nul doute qu'elle n'était  pas préparée a découvrir qui était vraiment sa fille, ce qu'elle a dit, ce qu'elle a tu, ce qu'elle a fait.
De terribles réponses qui  peu à peu déconstruisent tout ce qu'elle savait, qui révèlent de fracassantes vérités sur sa fille comme sur elle. 
Et voilà la grande force de ce roman,  pas l'histoire d'un deuil, ni  l'enfer d'une mère face à la perte de son enfant. Mais l'histoire de la cause de cette mort prématurée.
Parce que l'adolescence est un lieu terrible où certaines âmes périssent.
Parce que les mondes virtuels sont cruels et que les crimes y restent impunis parce qu'inconnus.
Parce que l'on pense naïvement que l'on protège les enfants aujourd'hui mieux qu'hier alors qu'ils n'ont jamais été aussi exposés.
Parce que les enfants des années 2000 mènent souvent une double vie et que leurs parents, ignorants, ne peuvent plus les protéger de leurs bras rassurants.
Un focus épatant sur le nouvel enfer 2.0, le harcèlement, les dangers virtuels et la différence ...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire