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lundi 27 octobre 2014

Prague, Faubourgs Est // Timothée DEMEILLERS



Présentation des éditeurs :

 Marek a quitté Prague au début des années 2000 pour vivre le rêve américain. Il a laissé derrière lui les ivrognes des faubourgs est, les premiers flots de touristes occidentaux sur le pont Charles et les junkies de la place Venceslas.

Jakub, son meilleur ami, est resté. L’ancien roi de la nuit praguoise n’est désormais plus qu’une épave qui erre d’un bar à l’autre, délaissé par Katarina, celle que Marek et lui ont tous les deux aimée.

Aujourd’hui, sept ans après son départ, Marek revient. Mais, comme Jakub, Prague a beaucoup changé. Une nouvelle forme de tourisme s’est développée, se nourrissant des fantasmes contemporains sur « le grand Est » : bières pas chères, filles faciles, fête sans limites…

Portrait de capitale désenchanté mais lucide, menant le lecteur des artères colorées de la vieille ville aux recoins les plus sombres de la banlieue, Prague faubourgs est relate l’histoire d’une amitié tchèque, des années d’espoir post-révolution de velours à la désillusion de la crise.

Mon avis :

Timothée Demeillers nous livre un roman sombre loin des clichés d’une ville romantique héritière du charme du vieux continent.
C'est l'espoir d'un pays qui est ici dissout page après page. Les rêves d'accomplissement qui se dissolvent, l'amertume qui règne et la débauche qui s'inscrit dans le patrimoine d'une ville. 

Dans ce roman en trois phases nous appréhendons des visions différentes d’une ville en mutation.
Prague oubliée au cœur d’un souvenir nostalgique, Prague pervertie,  berceau de prostitution, Prague ingrate, violente envers les siens.

L'auteur décide de nous faire errer entre le fantôme d'une ville bohème, dépossédée de tout et fort riche de sens jusqu'à l'émancipation nocive de modernité. On se demande alors si le progrès n'est pas synonyme de régression quand il perd tout en chemin.

Les émotions sont vives et pénétrantes, laissant le lecteur en perdition face à une découverte brutale des coulisses d’une ville vendue en agence sur papier glacé.

Ce livre agit comme une piqure de rappel sur une Europe à plusieurs vitesses, sur une intégration dans une Europe dite moderne drainant de nombreux dommages collatéraux et surtout  une perte identitaire, quand la vieillesse regrette et la jeunesse digère ses illusions.

Je remercie Babélio et les éditions Asphalte de m’avoir permis de découvrir cet auteur au talent certain qui transmet de manière directe le désarroi des hommes. Un livre court, percutant.


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