Recherche sur ce blog

mardi 23 septembre 2014

Il est de retour // Timur VERMES

Présentation des éditeurs :
A Berlin, en 2011. Soixante-six ans après sa disparition, Hitler se réveille dans un terrain vague de Berlin. Et il n'est pas content : quoi, plus personne ne fait le salut nazi ? L'Allemagne ne rayonne plus sur l'Europe ? Tous ces Turcs qui ont pignon sur rue sont venus de leur plein gré ? Et, surtout, c'est une FEMME qui dirige le pays ? Il est temps d'agir. Le Führer est de retour et va remettre le pays dans le droit chemin. Et pour ça, il lui faut une tribune. Ca tombe bien, une équipe de télé, par l'odeur du bon filon alléchée, est toute prête à la lui fournir. La machine médiatique s'emballe et bientôt, le pays ne parle plus que de ça. Pensez-vous, cet homme ne dit pas que des âneries ! En voilà un au moins qui ne mâche pas ses mots. Et ça fait du bien, en ces temps de crise... Hitler est ravi qui n'en demandait pas tant. Il le sent, le pays est prêt. Reste pour lui à porter l'estocade qui lui permettra d'accomplir enfin ce qu'il n'avait pu achever...

Mon avis :
Comment ne pas être curieux en découvrant ce titre posé sur une telle couverture ? Coup de pub, coup de presse , coup de bluff, la critique s'en est donnée à coeur joie. Mais j'écoute rarement la critique, et c'est une double histoire que j'ai découvert offrant une singulière  lecture à deux degrés.

Au premier degrés ce livre est drôle, tournant le dictateur au ridicule, décalé et original. De quiproquo en quiproquo on se délecte volontiers de cet homme  burlesque, qui persuadé de remonter les marches du pouvoir devient le personnage fétiche d'une mauvaise émission télévisée. Notoriété qui, loin d'être au goût de tout le monde dans une Allemagne moderne et réconciliée, lui apporte rejet et violence au coin des rues.

Au second degrés ce roman devient terrifiant.
Notre époque apparaît plus que  propice au retour de la dictature, la population débordant de doutes, de désespoir, de fatigue, d'intolérance. Nationalisme, chômage, retour aux valeurs familiales justes, honnêteté, sens du devoir et de la droiture. Une Europe en quête de structure.Alors on regarde cet Hitler des temps modernes, s'adapter aux nouvelles ressources, aux médias, s'insinuant dans chaque faiblesse de l'homme, dans sa peur, son rejet de l'autre et son individualisme obsessionnel.
Peu à peu  un slogan qui semble fou prend forme  :  " Tout n'était pas si mauvais"
Écoutez votre voisin, regardez le 20h00, soyez attentif au monde qui change.
Une leçon de clairvoyance, foudroyante.

Timur Vermes,  livre ici son premier roman, en maîtrisant avec talent cette dualité paradoxale.

3 commentaires:

  1. Je pense que tu as capté l'essentiel de ce roman! =)

    RépondreSupprimer
  2. Après avoir lu cet article, j'ai véritablement envie de lire ce livre !! Il est intriguant et sûrement perturbant!
    Et si c'était le prochain de ma liste ?!

    Merci June !
    VR
    A bientôt

    RépondreSupprimer