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mardi 21 janvier 2014

Kinderzimmer // Valentine Goby

Présentation des éditeurs :

En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout. Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l'Histoire n'a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l'ignorance dans nos trajectoires individuelles.

Mon avis : 

Quelle belle rentrée littéraire 2013 ! Sur quatre livres lus, trois ont été de belles révélations, et Kinderzimmer en fait partie.

Je ne vais pas avancer que ce roman déborde d'originalité bien sûr, il ne m'a rien appris de plus sur l'enfer des camps, pas de nouveaux faits , l'ambiance est lourde comme à chaque rentrée littéraire et on aurait bien pu croire à une énième tentative d'écriture sur le sujet.

Sous cette couverture lourde de sens ( qui n'est pas sans rappeler celle de L'échange ) se cache en vérité un infime rayon de lumière au cœur de l'horreur. Valentine Goby a réussi le pari improbable d'amener l'amour, impur et salvateur dans un lieu ou rien d'heureux ne survit.

Lorsque Mila arrive enceinte au sein du camps, elle se persuade que l'enfant va mourir dans son ventre, par la malnutrition, les efforts trop violents ou la brutalité de la vie qui devient la sienne.
Pourtant au fond de ce ventre creux un enfant s'accroche à la vie, et par une journée froide, sans assistance et sans bruit Mila, effrayée le mettra au monde.

Commence alors l'épopée incroyable de la survie qu'on ne cherche plus pour soi mais pour un petit être à la peau bleuie par le froid, devenu l'espoir collectif d'une horde de femmes décharnées que l'on regarde se débattre avec rage  en serrant les dents depuis notre canapé.

Le personnage de Mila connait une évolution fulgurante tout au long du roman, plus enfant que mère, plus fantôme que femme, entre lâcheté et espoir de vivre elle devient l'ambassadrice de la vie au coeur de la mort universelle.

J'avais remarqué Valentine Goby grâce à son livre  L'échappée ( sur les femmes tondues ) , elle confirme une véritable aisance pour écrire les sentiments étouffés, les destins avortés et plus encore pour faire courir l'espoir quand plus rien ne semble résister.
Une nouvelle fois elle décrit parfaitement la folie humaine, la capacité de l'homme à renaître de ses cendres avec la justesse , la pudeur du verbe qui la caractérise.

A noter que certains passages se déroulants dans la Kinderzimmer, s'agissant des nourrissons en particulier, peuvent choquer et perturber certains lecteurs.( bien qu'aucun de nous, j'en suis certaine, ne sort totalement indemne de ce genre de lectures. )


2 commentaires:

  1. J'ai très très envie de le lire...

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  2. Jolie description qui me donne vraiment envie de découvrir ce roman !
    Ça tombe bien, il est visiblement disponible dans ma bibliothèque... Merci pour la découverte ! :)

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