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vendredi 11 octobre 2013

Café Littéraire : La rentrée 2013





La saison du café littéraire reprend à Bastia, sur la table des piles de livres, des gateaux, des salés, on se détend et on papotte de nos merveilles littéraires.

Chaque mois un thème est la règle d'or, ce mois ci parlons de la Rentré Littéraire ! 

Personnellement je la trouve bien meilleure que celle de l'année dernière, avec de grands noms certes, mais aussi de jolis premiers romans.

Je partage avec vous les titres coup de coeur accompagnés des commentaires et réflexions des lectrices.




Sorj Chalandon , Le quatrième mur.

Le roman d'une promesse faite comme pour donner les pleurs enfouis de l'auteur au personnage. Il est ici question d'un terrible récit de guerre et d'une parole donnée. Quelle est-elle ? Que l'art s'installe en pleine guerre et puisse offrir une heure de trêve au milieu des affrontements. Notre héros ne reculera pas face à la Peur la menace l' angoisse aux attentats pour mener au bout le projet de son ami laissé mort derrière lui. Rien n'est épargné au lecteur et cette intimité féroce lie avec poigne le lecteur à ce remarquable récit dans l'implacable réalité d'une terre en feu.





Pierre Lemaître, Au revoir la haut :

Pourtant auteur de polar, il écrit ici un premier roman. Le cardre du récit est la fin de la Guerre de 14. Deux blessées dont une gueule cassée revenus d'affrontements terribles où l'âme humaine a perverti les codes. Un monde étrange et ingrat où ceux qui sont morts sont encensés et ceux qui en sont revenus abandonnés. Le désespoir la douleur, le rejet, le repli sont les maîtres mots de nos deux survivants trouvant refuge dans la haine du présent ils n'auront de cesse que de mettre en oeuvre l'une des arnaques les plus connues de l'après guerre aux allures de vengeance de cette époque : celle des fameux monuments aux morts. Entre humour et tragédie Lemaître se hisse dans la course au Goncourt.




Laure Kasishke, Esprit d'hiver:

Magistral huit clos entre une mère et sa fille adoptive , l'ambiance assez pesante autour de cette phrase qui hante le roman "Quelque chose les avait suivi depuis la Russie. " . Un sentiment étrange, qui crée un malaise autour d'un secret qui ne sera révélé qu'à la toute fin du livre. Écrit d'une main de maître, un livre remarquable.




Marapia Veladiano,la vie à côté : 
Un récit raffiné sur l'enfermement et la laideur, un texte à découvrir. Une enfant qui ne cesse de s'excuser d'être l'aide malgré le fait qu'elle soit devenue virtuose au piano. Un rejet de l'enfant par une mère retirée du monde réel, un secret de famille sombre et lourd qui pèse sur l'existence d'une enfant qui ne sait rien et qui ne comprend pas.




Nicolas clément, Sauf les fleurs : 

Un roman court et fort à la fois.Très sombre et très dure histoire sur la dramatique violence familiale en milieu rural. Un trio plein d'amour qui se protège d'un père colérique et dangereux, un trio qui ne survivra pas totalement à cet homme en rage.




Bergsveinn Birgisson, La lettre à Helga :

Un auteur nordique comme on les aime. Le roman se présente comme une longue lettre qu'un homme écrit à la femme qu'il a passionnément aimé. Plein de formes et d'érotisme au sein de ce décor terriblement dur et froid. Un hymne à l'Island. ! Un plaisir à découvrir sans plus tarder.




Valentine Goby Kinderzimmer : 

Encore une ôde à la survie au coeur du système concentrationnaire, cette rentrée littéraire n'y échappe pas. Certes le thème a été retourné mille fois sous la plume d'auteurs toujours plus engagés, mais ici l'essentiel réside dans la force de l'espoir. Dans l'enfer du seul camp de concentration où une kinderzimmer ( chambre d'enfants ) a existé, dans un monde où les enfants ne vivent pas plus de trois mois, nous suivons la détermination de quelques femmes remarquables qui eurent la force de devenir mères de substitution à court terme. De cette antichambre de la mort trois enfants survécurent grâce à la folle espérance de ses femmes courage. Magnifique et violent témoignage d'amour.




Laurent Seksik, Le cas Eduard Einstein :

Le portrait accablant de la famille Einstein portée aux nues par tous les temps. Une plongée intimiste au coeur de la tourmente familiale portée par trois voix, la mère s'éteignant de jour en jour à force de se dépouiller pour un fils qui la dévore, le fils psychotique, schizophrène en mal d'amour paternel, et le père, génie reconnu, impuissant et démissionnaire face à la problématique humaine. Un texte puissant sur la complexité de l'amour familial et la remise en question de chacun , sur la capacité à admettre ses erreurs et tenter de les réparer, parfois.


Le bilan ?

Comme chaque année la Rentrée Littéraire nous propose des sujets forts et difficiles, guerre, trahison, secrets de famille, violence ... Cette saison a apporté son lot de belles trouvailles et de nouvelles plumes qui ont su nous émouvoir et nous interpeller. Nous suivrons évidemment ces auteurs, nouveaux et confirmés, sur le chemin qui les mènera peut-être aux grands prix littéraires.


Je vous donne Rendez-Vous le mois prochain, pour un Café Littéraire sur le thème du Polar Historique.









4 commentaires:

  1. Super!!! je vais lire "La lettre à Helga " et "le quatrième mur" me tente bien aussi!
    Merci pour ce bel article.
    Le thème à venir est extra aussi! Bonnes lectures, June!

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    1. Moi aussi j'ai sélectionné ces deux pour mes prochaines lectures rentrée ! La lettre rentrera en plus dans le challenge cap au nord ;-)

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  2. Laure Kasishke, Esprit d'hiver ! en attente de chez Price Minister.. Il me tarde de le lire aussi !

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    1. J'en ai lu une centaine de pages il est particulier et suscite curiosité donc pour le moment j'accroche. Je ne saurais davantage conseiller mon cher Eduard et kinderzimmer ... Je l'ai trop dit ! Lol ! J'attends danse noire de PM

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