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lundi 26 août 2013

La pendue de Londres // Didier DECOIN

Présentation des éditeurs : 


Allemagne, 1945. L'exécuteur en chef du Royaume Britannique, envoyé en mission, pend la gardienne de camps nazis Irma Grese. Même s'il éprouve un réel dégoût à exécuter des femmes, surtout si elles sont jeunes et jolies, le bourreau fait son devoir : c'est un as dans l'art de la longueur des cordes, un expert dans le minutage de la mise à mort. Pourtant, le reste du temps, c'est un homme comme un autre, époux modèle, bon citoyen.
Londes, immédiat après-guerre. Ruth Ellis ressemble à Betty Boop, enjouée et désirable, elle plaît aux hommes, et sans doute les choisit-elle fort mal. Mais derrière son sourire et sa bouche trop maquillée, que cache-t-elle ? Dans le Londres charbonneux de l'après-Blitz, d'entraîneuse, Ruth devient prostituée. Un jour, malheureuse, jalousée, violentée, mais toujours belle, et mère de famille, elle tue son amant, à bout portant. La voici condamnée à la pendaison. Bourreau, fais ton œuvre ! Et si le bourreau avait une âme ? Et s'il répugnait soudain à supprimer une innocente aux boucles blondes ?
Dans ce roman envoûtant, reconstitution en cinémascope d'un Londres luisant de « fog » et de pluie, théâtre de vices cachés dans une société bien-pensante, Didier Decoin alterne le chant du bourreau et de la victime. Saisissant.


Mon avis : 

Il s'agit de ma première rencontre avec cet auteur, et je ne regrette pas mon choix.

J'ai tout d'abord été très attirée par le titre du livre La pendue de Londres, titre évocateur et prometteur!

L'ambiance ne déçoit pas, elle qui filtre tout au long des chapitres , la  ville de Londres brumeuse, la justice implacable, les pendaisons multiples , les crimes de cœur et d'argent , l'après guerre, période chargée de promesses nouvelles.

Le roman est construit en deux parties qui se relient chapitres après chapitres , l'un étant  narré par l’exécuteur ( le livre a été écrit d’après ses mémoires ) l' autre racontant la vie de la future dernière pendue de Londres.

Le thème central est sans nul doute la responsabilité.
Celle de l’exécuteur , qui ici ne se vit pas comme un bourreau , mais comme investit d'un devoir plus noble, celui veiller à ce que les condamnés quittent ce monde avec le moins de souffrance possible. Albert se sent intimement responsable de leur passage vers l'au delà, c'est pourquoi il prépare soigneusement chaque pendaison allant jusqu'à acheter des cordelettes de cuir de chevreau, douces et tendres afin de ne pas faire souffrir les jointures des condamnés au moment de leur lier les poignets.

Il est aussi question de la responsabilité des hommes concernant la belle pendue de Londres. Une Marilyn Monroe déchue, violée par son père, abandonnée enceinte par son amant soldat, considérée comme un objet par les hommes fréquentant les clubs de nuit où elle travaille, battue par ses différents compagnons , mais aussi de la propre responsabilité de Ruth, celle des choix qu'elle s'impose et de l'acte final qui la condamne à mort.

Il n'y a ni quête de justice ni volonté de faire un procès tardif de la peine capitale dans ce livre, Didier Decoin nous livre avec douceur et recul, cette histoire d'un bourreau tendre et d'une condamnée prévisible, qui fut la dernière pendue du Royaume d'Angleterre.

Une belle, très belle découverte.  

1 commentaire:

  1. Contente qu'il t'ait plu!!!
    Je ne pense pas qu"il entrera dans ma Pal!

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