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samedi 29 juin 2013

Une année studieuse // Anne WIAZEMSKY

une-annee-studieuse.jpg Présentation des éditeurs : 
Cela commence par une lettre : après avoir vu Masculin Féminin, en 1966, Anne Wiazemsky, 19 ans, envoie une missive à Jean-Luc Godard, son aîné de dix-sept ans, pour lui dire qu'elle les aime - le film, et l'homme qui l'a réalisé. Parce qu'il est fasciné par elle depuis qu'il a vu sa photo, le cinéaste suisse se démène pour retrouver la jeune fille en vacances, qui s'apprête à passer le rattrapage du bac. Tout va très vite entre eux. Trop, peut-être, et Anne s'interroge sur ses sentiments, doute et puis s'embrase de nouveau, au fil d'un marivaudage délicieusement Nouvelle Vague.
 
Mon avis : 
 
Ce livre m'ayant été chaudement recommandé par la directrice de la bibliothèque que je fréquente c'est avec beaucoup de curiosité que je tourne les premières pages de ce roman dont je ne connais ni l'auteur ni l'histoire ni la critique ! 
 
Un petit bijou des les premiers mots ! 

Je plonge en 1966 grâce à une écriture qui n'est pas sans rappeler Simone de Beauvoir au travers de la vie d'une étudiante qui un jour rencontra Godard, m'appercevant ainsi que je suis en train de parcourir un récit autobiographique et non un roman comme je le pensais au départ. 
 
Je ne connais Godard ni en tant qu'homme ni en tant que cinéaste si ce n'est par la réputation qui le précède, et c'est lavée ou dépourvue de tout préjugé que j'entre dans son intimité et dans celle de l'étudiante qui deviendra sa femme, Anne, qui n'est autre que la petite fille de Mauriac ! 
 
Passionnantes que ces vies audacieuses qui forgeront 1968 et la montée de la pensée marxiste au sein des campus parisiens. Il me semble au fil des pages et de leur impudeur faire partie intégrante de cette bande singulière , Godard, Wiazemsky, Truffaut, Viard, Moreau, Bertolucci ... Le cinéma, le théâtre, les festivals ... Un Paris où tout semble possible et facilement réalisable.
 
Je découvre aussi la part cachée du grand réalisateur, sa part affective, son incommensurable peur de la trahison, ses amours incontrôlés et excessifs.
 
Enfin et surtout Anne, étudiante mineure issue de la belle bourgeoisie, en proie à de grands tourments face à une personnalité aussi charismatique. Un amour controversé toujours vécu déchirée entre l'emprise de Godard et son besoin d'émancipation mis à mal par une famille qui ne cautionne pas la honte et l'affront infligés.

On traverse également ses remises en question et ses doutes quant à la légitimité de sa place dans la vie et le cinéma de cet homme.
 
Godard, de 20 ans son aîné, pour lequel elle devra tout quitter, bien sûr pour se sauver mais aussi pour rassurer, maternelle, l'enfant qui ne cesse de gémir en lui.
 
Une superbe nage dans le monde profilique du cinéma parisien d'avant la révolte étudiante, une petite merveille que j'épingle déjà sur mon tableau des coups de coeur 2012.
 
" La vie que nous aimons est ailleurs " Cournot. P. 207.  

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