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samedi 29 juin 2013

Un roman français // Frédéric BEIGBEDER



Présentation des éditeurs :



" C'est l'histoire d'une Emma Bovary des seventies, qui a reproduit lors de son divorce le silence de la génération précédente sur les malheurs des deux guerres.
C'est l'histoire d'un homme devenu un jouisseur pour se venger d'être quitté, d'un père cynique parce que son coeur était brisé. C'est l'histoire d'un grand frère qui a tout fait pour ne pas ressembler à ses parents, et d'un cadet qui a tout fait pour ne pas ressembler à son grand frère. C'est l'histoire d'un garçon mélancolique parce qu'il a grandi dans un pays suicidé, élevé par des parents déprimés par l'échec de leur mariage.

C'est l'histoire d'un pays qui a réussi à perdre deux guerres en faisant croire qu'il les avait gagnées, et ensuite à perdre son empire colonial en faisant comme si cela ne changeait rien à son importance. C'est l'histoire d'une humanité nouvelle, ou comment des catholiques monarchistes sont devenus des capitalistes mondialisés. Telle est la vie que j'ai vécue : un roman français. "

Mon avis :


Comme toujours avec Beigbeder, j'ouvre son livre à reculons.

Mais les premiers mots démontrent une note nouvelle dans le style de l'auteur, plus intimiste, plus de maturité et de reflexion.

Au rythme des heures passées en cellule après son arrestation pour consommation de drogues sur la voie publique il tisse les réminiscences de ses souvenirs d'enfance qu'il croyait effacés d'une mémoire faillible.

Sans pudeur il nous livre des instants de vie privée, les fondations de sa personnalité controversée.

Il en devient touchant au fil des pages, nous révèle un homme fait de complexes et de combats pour exister au sein d'une famille qui ne lui a laissé aucune place pour être l'enfant qu'il désirait.

Entre admiration et jalousie d'un frère posé sur un piédestal, un père blessé et sulfureux, une mère maîtresse dans l'art de la dissimulation, le voilà qui se façonne un chemin chaotique ...

Loin des phrases jetées à la volée qui sont pourtant son habitude, nous le traversons avec sensibilité sans aucune sensiblerie.

Si je devais conseille un livre de cet auteur, ce serait celui-ci.

Je vous laisse le (re) découvrir grâce à ces quelques citations ...

" Comment voulez-vous tuer le père quand il n'y en a pas à la maison ? Restait le frère.Chaucun s'y employa à sa façon." P.175.

"J'ai perdu mon père à l'âge de sept ans et mon frère à l'âge de dix-huit ans. Or c'étaient les deux hommes de ma vie". P. 179.

" J'aimerais qu'on lise ce livre comme si c'était mon premier." P.233.

" Mais jusqu'à présent j'ai décrit un homme que je ne suis pas, celui que j'aurais aimé être, le séducteur arrogant qui faisait fantasmer le BCBG coincé en moi. Je croyais que la vérité était ennuyeuse. C'est la première fois que j'ai essayé de libérer quelqu'un de beaucoup plus vérouillé." P. 234.

En outre et paradoxalement, un concentré de douceur.



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