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samedi 29 juin 2013

Sukkwan Island // David VANN



Présentation des éditeurs :
Une île sauvage de l’Alaska, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim emmène son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Mais le séjour se transforme vite en cauchemar… Une histoire au suspense insoutenable, une expérience littéraire inoubliable.
Mon avis :
Lu dans le cadre du café littéraire de laBibliothèque Le Petit Prince de Bastia sur le thème de la figure du père dans le roman.

J’ai choisis ce titre parce qu’en hiver j’aime me retrouver dans de grands espaces froids et blancs, sur ce point je n’ai pas été déçue, puis il ne faut pas oublier que ce titre avait reçu, en 2010, le Prix Médicis Etranger.

Ce roman se présente en deux parties bien distinctes.

Dans la première tout est lent, les descriptions sont assez lourdes et longues, nos deux protagonistes, père et fils, n’échangent que très peu de paroles tant leur mission de survie occupe leur esprit.

Cette lenteur répétitive, lancinante, m’a tout d’abord dérangée, avant de comprendre qu’elle était le point central de la démarche de l’auteur. Ce rythme qu’il nous impose nous renvoie l’angoisse pesante ressentie pas Roy, adolescent de 13 ans, face à l’instabilité d’un père peu fiable, dépressif, impulsif inconscient et lunatique.

Sur cette île, perdus au milieu d’une nature hostile, dormant dans un cabanon de bois sans électricité ni chauffage ni garde-manger, chaque jours la peur de mourir est palpable, le froid, la faim, l’attaque, toutes ces craintes présentes et menaçantes, tout comme la dégradation mentale.

Sans crier gare, dans le silence et sans appel. Le drame. Le choc.

Ce choc forme le point de rupture du roman tant dans le fond que dans la forme. Le rythme s’accélère ainsi que la folie des évènements.

Nous traversons cette seconde partie prisonniers des filets de la psyché du personnage entre absurdité, pitié et dégoût pour atteindre la prise de conscience finale qui tend à nous questionner.

L’amour ne se révèle-t-il réellement à lui-même que grâce et par le mal ?

Echanges étranges, acceptation des responsabilités, pleurs, cris et écoute, autant de peines perdues qui arrivées plus tôt auraient pu sauver les âmes d’un père et de son fils.



Je me dois de garder le vague pour coller à la volonté de l’auteur de ne rien dévoiler du contenu de son texte, mais je tiens à dire que le sens profond de ce livre est bouleversant.

Mon regret est le parti pris pour des actions et descriptions lourdes qui peuvent lasser et décourager le lecteur. Un choix qui me laisse sur un avis assez mitigé.

Bon postulat de départ mais une exploitation qui aurait gagné à être différente.

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