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samedi 29 juin 2013

Rien ne s'oppose à la nuit // Delphine de VIGAN



Présentation des éditeurs :

La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.

Mon avis :

Portée par le flot des adorants de ce livre, je me suis plongée avec de grandes attentes de délectation dans ce récit encensé par la critique comme le grand chef d'oeuvre de la rentrée lirttéraire de septembre 2011.

Début difficile.

Les 150 premières pages m'ont été pénibles. Récit autobiographique d'une famille nombreuse qui se veut "normale" dans la mesure du possible, libre, fraiche et épanouie, bien sûr un drame la mort d'un des enfants mais dans l'ensemble rien de spéctaculaire. Sans grand interêt. Je me demande en quoi cette famille mérite qu'on lui dédie un livre ... Mais je me trompe. Je vais trop vite. Je me hâte dans un jugement non mérité. Toute les familles en mériteraient un ...

Passée cette partie qui représente 30% du roman et qui est somme toute nécessaire pour asseoir décor et personnages multiples indispensables, on pénètre dans l'univers impitoyable d'une famille dégénérée par les évènements.


Le malheur serait-il inscrit dans notre patrimoine génétique ? Le suicide serait-il héréditaire, congénital ? Autant de questions qui s'imposent au regrettable constat des destins que l'on nous expose.

Secret. Mort. Substitut. Suicide. Inceste. Déni. Suicide. Folie. Trauma. Amour toujours. Présence malgré soi. Suicide.

Les faux semblants sont là , l'importance de l'image que cette famille tient à donner d'elle, l'hypocrisie d'un reportage ou des récéptions qui s'acharne contre vents et marrées à présenter une famille exemplaire, et au fond d'eux, chacun porteur de blessures et d'humiliations si grandes que les colères comme élans de vérité n'ont plus la force de s'insurger. L'ont-elles d'ailleurs déjà eu ?

Il me semble que toutes les joies sont entachées d'une ombre. Derrière les amitiés le pacte suicidaire, derrière les mariages la sauvegarde de l'honneur, derrière les sourires le silence du secret.

Autour de Lucile c'est la folie qui prendra le pas , sorte de moyen de survie peut être, une mise en sécurité de l'être qui ne peut plus assumer la dureté d'un réel insurmontable ,fatiguant et qui donne les clés de son âme à un inconscient plus solide et extraverti.

C'est ainsi que j'ai envie d'interpreter ses moments hors d'elle même, parce que les hésitations dans la reflexion de la poursuite de l'entreprise et les voies qui y mènent signifient tant derrière les mots cinglants couchés sur le papier.


Il est difficile de s'aimer quand le malheur nous secoue tout entier et nous prive de sauve-conduit.
Parfois on s'aime de travers, on se rate , on se rattrappe ... Parfois rien n'est possible comme irreversible.

J'ai trouvé bien sûr que certains passages étaient impudiques mais je sais aussi qu'une autobiographie ( directe ou indirecte) ne peut pas ne pas l'être. Ce sont les regles du jeu que l'on doit accepter avant d'entamer la première page, auteur et lecteur confondus.

On sort légèrement perturbé de cette prouesse littéraire.
Lu dans le Cadre du Challenge Livra Deux pour Pal Addict proposé par Livraddict en binôme avec Agathe http://leslivresdagathe.over-blog.com/ ;-)


 
 
 
 

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