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samedi 29 juin 2013

Les âmes grises // Philippe CLAUDEL

amesgrises
 Présentation des éditeurs :
 
Nous sommes en 1917 dans une petite ville de province. Toute la société des notables est présente et tient son rôle. Le maire, le juge, le procureur, le flic, le médecin… tous font rouler depuis des années l’agréable train-train de la comédie sociale faite d’amicaux échanges. C’est curieux, même la Grande Guerre ne semble pas avoir bousculé les positions et les habitudes de chacun. Tout reste bien en place dans l’immuable tranquillité de la bourgeoisie sûre d’elle-même. Pourtant tout bascule lorsqu’une fillette de 10 ans est retrouvée morte dans l’eau. La petite Belle-de-Jour, comme on l’appelle. Tous la connaissent, elle servait au Rébillon, la seule brasserie restaurant du coin. "Bien, bien, bien…" reprend le juge, tout content d’avoir un meurtre, un vrai à se mettre sous la dent, un meurtre d’enfant en plus, et de petite fille pour couronner le tout. Dès lors, le soupçon gagne et rogne les âmes grises de nos notables. En premier lieu le procureur qui habite au château, juste à côté du lieu du meurtre…
Mon avis :
 
Par avance veuillez me pardonner pour la brieveté voir l'inexistance de mes articles en ce moment mais il est vrai que le tourbillon de la vie me laisse vraiment peu de temps !
 
Ce livre ... On y entre comme dans un canapé bien confortable, au coin du feu, où l'ancien nous raconterait une histoire mélancolique, sombre et boueuse alors que l'on se sait soi même à l'abri.
 
Philippe Claudel, une découverte, est un auteur à la plume fluide et envoutante, fine et juste. Il me rappelle ces auteurs classiques , la lourdeur et les mièvreries en moins.
 
Un roman très visuel ou l'âme humaine est observée à la loupe mais en retrait. Paradoxal ? Certes ...
 
Les personnages sont torturés, abîmés dans la tristesse de la guerre ou dans le mépris du lâche, tous traînent une culpabilité sourde et pudique derrière le fantôme d'une âme blanche, une âme pure qu'ils n'ont su comprendre ni protéger.
 
Journal intime d'un homme sans âge qui attend la mort en pleurant la vie, biographie du drame et de la méconnaissance des autres, de leur interiorité propre qui nous échappe trop souvent cachée par les affres des apparences taillées dans les bourrasques de la réputation populaire qui toujours les précède.
 
Ne Reste qu'elles, les âmes grises, ni toute à fait blanches, ni tout à fait noires.
 
Une estocade au manichéisme parce que l'âme humaine est si complexe.
 
Une jolie perle.

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