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samedi 29 juin 2013

L'alcool et la nostalgie // Mathias ENARD

alcool nostalgie
Vladivostock mon amour ...
 
Présentation des éditeurs :
 
Réveillé en pleine nuit par un coup de téléphone de Jeanne qui lui apprend la mort de Vladimir, Mathias part dans l'heure à Moscou pour y retrouver celle qui reste, son amour défunt. Dans la douleur du deuil, au cœur d'une ville déboussolée, vaste terrain vague peuplé par des ombres, les anciens amants se retrouvent brièvement réunis autour de la dépouille de leur ami. Mais il va falloir l'escorter jusqu'à son village natal, au fin fond de la Sibérie, pour l'y enterrer. Un voyage que Mathias effectuera seul aux côtés de son compagnon silencieux, à bord du célèbre Transsibérien qui relie Moscou à Vladivostok. Trois mille kilomètres à parcourir à travers une fabuleuse succession de paysages, et autant de souvenirs de la féroce et complexe histoire d'amour qui met en scène les trois complices dans les lieux interlopes de la capitale Russe, au milieu des volutes d'opium. Dans ce récit, s'invitent également en résonance l'histoire politique et culturelle russe : la Guerre Civile menée par Trotsky, les goulags racontés par Chalamov, les Premiers Honoraires de Babel. Un texte où les ombres de Dostoïevski, Axionov et Gogol ne sont jamais bien loin... Tout comme Tchekov, qui prétendait que face à la mort, il ne reste que l'alcool et la nostalgie.
 
Mon avis :
 
Je découvre Enard avec cette histoire russe, relativement courte, adaptation romanesque d'une pièce de théatre radiophonique diffusée dans le Transsibérien connue en France lors de l'année France/Russie.
 
Le décor est posé , la Russie.
 
Les trois personnages épris de fougue et de passion vivent à l'instar de ce pays magistral, comblés de plaisirs violents et de désillusions en chute libre.
 
Une histoire racontée avec Nostalgie comme le titre l'indique, des images nous parviennent à mesure du défilement des paysages que traverse ce train qui ramène inlassablement  Vladimir vers sa première demeure.
 
Une ville coupable pour un triangle psychologique tout autant coupable de trop d'actes manqués et de trop de limites atteintes  ; et la mort qui plane affamée par ces âmes perdues.
 
Beaucoup de plaisir à retrouver la Russie telle que je la connais, telle que dans mes souvenirs, impressionnante oppressante stimulente indépendante fière et stalagmitique.
Un bon moment passé avec Enard malgré les réticences du départ au regard de la démarche de cette adaptation.
 
Quelques mots :
 
"Je sais tout ce que tu as perdu, toi aussi, ne t'inquiète pas, je le sais, c'est une terrible sècheresse qui t'assaille et t'empêche de respirer au moment de t'endormir, je connais ça ; au moment où tu crois t'assoupir tu t'étouffes et te réveilles encore et toujours, je connais cette sensation , on ne peut s'endormir que par mégarde, de jour, dans le métro ou l'autobus, comme par inadvertance et le reste du temps c'est impossible. "
 
Je me permets de citer d'autres mots, un autre auteur, sur cet Est cher à mon coeur :
 
" Ici on ne sourit pas ou seulement quand on boit. "

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