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dimanche 2 juin 2013

L'accompagnatrice //Nina BERBEROVA


Présentation des éditeurs :

Pétersbourg, 1919. La neige. Le silence. Le froid et la faim. Les pieds qu'on n'a pas lavés depuis un mois. Les fenêtres bouchées avec des chiffons... J'entre dans l'immeuble. Il fait chaud ! Des tapis, des rideaux, un coffret de cigarettes précieuses. Un chat bleu fumé. Et une femme. Belle, grande, robuste. Des cheveux noirs bien coiffés. Le visage rond et beau, les yeux noirs. Tout en elle dit l'équilibre mystérieux, beau et triomphant. Elle chante et je serai son accompagnatrice. C'est cette vie que je vais m'acharner à détruire. Parce qu'elle est belle, talentueuse, et que je ne suis rien. Parce qu'elle est forte et qu'elle rayonne. Parce qu'elle m'aime et que, moi, je ne comprends même pas ce que cela veut dire..

Mon avis :

Un livre très court qui refroidit.

Je ne pensais pas être happée par un roman aussi court que celui-ci, qui malgré ses 88 pages est absolument abouti.
Entre physique indifférent, jalousie, envie et mauvaiseté Sonetchka a tout pour être detestée par le lecteur et pourtant ...
Elle s'insurge intérieurement contre l'injustice de la différence sociale, contre la legèreté avec laquelle les autres, les riches, les bien-nés, les beaux, les doués, savourent la vie sans se douter, sans prendre en compte la douleur qu'ils infligent par tant de bonheur.
Sonetchka, s'affaire et complote unilatéralement pour donner à goûter une part de cette douleur à ces autres incarnés par la belle et talentueuse Maria.
Que faut-il retenir ? certains sont-ils nés pour souffrir et d'autres pour être heureux épargnés du chagrin de la vie ?
Conclusion un peu radicale, cela dit pas très loin de l'idée obsessionnelle de Sonetchka qui jamais ne parviendra à anéantir la belle qu'elle idolâtre autant qu'elle deteste.
88 pages poignantes au coeur d'une Russie démesurément injuste.

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