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samedi 29 juin 2013

Grâce et dénuement // Alice FERNEY


Présentation des éditeurs :
Eux, c'est une famille de Gitans installés illégalement sur un terrain vague de la banlieue parisienne - ils n'ont rien d'autre que " leur caravane et leur sang ". Présentation du destin littéraire de ce peuple, symbole de liberté.


Dans un décor de banlieue, une libraire est saisie d'un désir presque fou : celui d'initier à la lecture des enfants gitans privés de scolarité. Elle se heurte d'abord à la méfiance, à la raillerie et au mépris qu'inspirent les gadjé. Mais elle finit par amadouer les petits illettrés, en même temps qu'elle entrevoit le destin d'une famille sur laquelle règne une veuve mère de cinq fils. Dans ce troisième roman, récompensé par le prix " Culture et bibliothèques pour tous ", Alice Ferney excelle à faire entendre les voix intérieures de ses personnages, leurs sentiments inavoués, leurs désirs brimés, leurs solitaires affrontements avec la fatalité.

Mon avis :

Traversée ...

C'est le mot juste, j'ai été traversée par chaque mot de ce roman. Frappée au coeur par les espoirs vifs et douloureux de cette femme en contradiction avec la violente résignation d'un peuple érrant en marge du système qui est le nôtre.

Tellement de thèmes approfondis ici par l'auteur, le pouvoir des mots à liberer la paix suspendue dans l'agression quotidienne d'un destin rude, l'instruction qui n'a pas de place dans ce no-man land du " droit " , l'espoir et la volonté tenace d'une femme qui un jour décida de véhiculer le chant des mots.

Attention ce livre est très dur. Il traverse, bouleverse, attaque la sensibilité sans détour.

L'univers des gitans peut agresser le lecteur. Ce mode de vie aléatoire ... Les ancêtres qui régissent d'une parole de fer le microcosme familial, le sacrifice des femmes , les violences qu'elles subissent résignées obeissantes au nom de l'honneur et de la valeur du mariage. Les enfants qui s'auto-élèvent et qui souvent meurent. Ces hommes aussi ... volages, voleurs, violents ...
Et pourtant c'est l'amour qu'on retiendra. Celui qui les tient et leur permet de sourire en ce territoire hostile, celui qui donnera à cette libraire la force de soulever ciel et terre pour leur offrir une chance, l'amour aussi que cette communauté insufflera autour d'elle et qui offrira les plus grandes émotions.
Un ôde aux phrases qui s'entrelacent et permettent le rêve même auprès de ceux qui n'en connaissent ni la signifation ni l'utilité.
Une lecture qui demande un bon jour avant de passer à une autre histoire. Une lecture que je ne suis pas prête d'oublier.
=> Livre lu dans le cadre du café littéraire de la bibliothèque Le petit Prince de Bastia du 4 juin 2012, " Le livre, sujet de roman ".





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